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14.4.13

Shine darling ! my bright sun... stay brilliant !

Love like a sunset
Phoenix


Duel au soleil
Etienne Daho


O Sole mio
Luciano Pavarotti


Summer son
Texas


Le soleil est près de moi
Air


Here comes the sun
Nina Simone


Sunday sun
Beck


Staring at the sun
TV on the Radio



Turn up the Sun
Oasis




Sous le soleil du mois d'août
Benjamin Biolay





Lying in the sun
Stereophonics


Seasons in the Sun
Nirvana



My sun
The Temper Trap


Ain't no sunshine - my love
Justin Timberlake

19.12.12

Messalina





Eugène Cyrille Brunet
(Sarcelles, 1828 - 1921)

Messaline
Musée des Beaux-Arts, Rennes.

Marbre de Carrare
Salon de 1884

Dépot de l'Etat (FNAC) au musée de Saint-Brieuc, 1886

Issue de la très haute noblesse, Valeria Messalina (24 - 48) fut mariée à l'empereur Claude (10 av. J.C. - 54 ap. J.C.) alors qu'elle devait avoir à peine 14 ans. Les auteurs latins lui ont brossé un portrait sans complaisance d'impératrice sanguinaire, n'hésitant pas à supprimer toutes celles qu'elle considérait comme ses rivales, transformant le palais impérial en un lieu de débauche. Claude finit par la faire mettre à mort.
Le poète Juvenal la décrit dans ses Satires, installée dans un bordel des bas-fond romains qu'elle occupait nuitalemment, allongée sur une paillasse et "exposée nue, les seins dans une résille d'or". Brunet revisite ici le thème de Clésinger (Femme nue piquée par un serpent de 1847, musée d'Orsay) avec une sensibilité très marquée en cette fin du XIXe siècle par la figure extrême des débauches féminines. Copiant un corps réel, il tente de sauver son sujet du scandale par le traitement d'un visage idéalisé aux références antiques et intemporelles où l'extase se confond avec une douce expression de bonheur intérieur. 
Malgré tout, cette Augusta Meretrix ("impératrice putain"), propose une figure paradoxale et très insolite, à la fois sensuelle et poétique, d'un exercice de style cherchant son étrange équilibre entre provocation et classicisme.



Meschina, 2008
Modà

Fuck U - live @ L'autre Canal, Nancy, 2012
Archive

Messalina, 2012
Kamurria

On était aux derniers jours du mois d'août. Claude était allé à Ostie participer à la série des fêtes célébrées en l'honneur du dieu Vulcain. Il faisait extrêmement chaud, comme si les fournaises du dieu étaient grandes ouvertes dans le ciel. Les raisins achevaient de mûrir protégés par le feuillage des ormeaux. Ce fut le moment choisi par Messalina pour célébrer son mariage avec Silius. Elle ne se cacha pas ; au contraire, elle donna à cet acte absurde tout l'éclat possible. Moi-même, dans ma retraite, j'en entendis les échos. Il y eut le cortège habituel avec les joueurs de flûte, dont la musique parvint jusqu'à moi, tandis que la procession, partie de la maison de Messalina et de Claude, descendait du Palatin par la rue de la Victoire et, à travers le Forum, gagnait la maison de Silius. Tout cela faisait beaucoup de bruit. C'était bien l'aventure la plus folle que l'on puisse imaginer. 

Dès le début de la cérémonie, un émissaire, posté par Narcissus pour surveiller Messalina, se précipite à Ostie et avertit son maître que l'Augusta est en train d'épouser Silius selon les rites, et qu'elle ne reconnait plus le prince comme son époux. Narcissus prévient aussitôt Calpurnia (c'était le nom de la petite prostituée qui se trouvait dans la chambre du prince) et, comme convenu, elle transmet la nouvelle à Claude qui, d'abord, refuse d'y croire. Calpurnia fait alors appel à Cléopâtra, l'autre fille, qui assure au prince qu'elle aussi en a entendu parler, et qu'il n'y a pas le moindre doute. On fait venir Narcissus, qui se jette aux pieds de Claude et lui demande pardon pour lui avoir si longtemps caché la conduite scandaleuse de sa femme. Le prince est bouleversé. On crie, on pleure. Claude lève les bras au ciel et, comme à son ordinaire, ne sait plus que penser.
A la fin il se laisse persuader. Les officiers du palais sont convoqués. Tous lui confirment que la situation est grave, que Rome est en révolution, que Silius a de nombreux partisans et qu'il va prendre le pouvoir. "Je ne suis donc plus empereur ?" demande Claude. On lui répond qu'il l'est encore, mais qu'il doit se hâter s'il veut le rester. Une voiture était prête ; on l'y fit monter, presque de force, et on prit le chemin de la Ville. Narcissus dirige tout. Contrairement à l'étiquette, il s'installe dans la voiture du prince et décide Claude à lui confier pour ce jour-là tous les pouvoirs militaires et le commandement de la garde. Ainsi, un affranchi devenait le maître du monde, parce que le prince avait peur !

Autour de Messalina, la fête continuait. Elle avait décidé que son mariage serait celui d'Ariane et de Dionysos. Elle était Ariane, Silius Dionysos. Autour d'eux des femmes déguisées en bacchantes, des hommes en silènes. L'esprit du dieu les possèdait tous, et voici qu'au beau milieu de ce délire arrivent des messagers. Ils annoncent que Claude sait tout, qu'il approche et avec lui la vengeance. Sur quoi la bacchanale prend fin. Chacun ne songe plus qu'à son propre salut. On se disperse. Messalina se rend dans les jardins d'Asiaticus, devenus les siens. Silius va au Forum. Les autres s'enfuient comme ils peuvent, mais beaucoup furent devancés par les prétoriens de Narcissus, qui les arrêtèrent et les enchaînèrent. Messalina, dont pour une fois l'audace devint courage, traverse en toute hâte la Ville à pied et gagne la route l'Ostie. Dans la campagne, elle avise un tombereau à ordures et, moyennant quelques deniers, obtient que le conducteur la prenne auprès de lui et la conduise vers le port. Abandonnée de tous, elle espère encore avoir conservé son pouvoir sur l'esprit de l'empereur.

La rencontre eut lieu en plein champ, à un mille environ de la Ville. Messalina se jeta à la tête des chevaux du prince en criant que Claude devait l'écouter, qu'elle était la mère d'Octavie et de Britannicus. Narcissus couvre sa voix en parlant de Silius et du mariage qu'elle venait de célébrer. Puis il fait lancer les chevaux au galop et l'Augusta, en larmes, les vêtements souillés, les cheveux en désordre, est abandonnée sur la route. Pendant toute cette scène, Claude était resté silencieux, tiraillé entre sa tendresse envers l'impératrice et sa peur de n'être plus rien dans l'Empire. La peur finit par l'emporter, puis se fut la colère lorsque Narcissus le conduisit dans la maison de Silius et qu'il vit les dépouilles de la demeure impériale que l'Augusta y avait fait porter. Sans plus attendre, Narcissus l'entraîne au camp des prétoriens et, avec son consentement plutôt que sur son ordre, les tribuns du prétoire arrêtent tous ceux que Narcissus leur désigne. Tous les complices de l'impératrice, ceux qu'elle avait aimés ou qu'elle avait sollicités, et que l'on pouvait soupçonner d'avoir souhaité la mort de Claude, sont traînés au supplice. Silius le premier qui mourut, me dit-on, avec un grand courage. En ne s'opposant pas à Messalina, il avait accepté ce risque, qu'il eût couru également s'il avait résisté. Certes, bien mieux que Claude, il eût mérité de régner !

Que dirai-je de Messalina ? Après sa vaine tentative, elle était revenue dans ces jardins qu'elle avait tant désirés. Elle n'avait pas encore perdu l'espoir et, non sans énergie, essayait de rédiger sa défense. Peut-être eût-elle réussi à se sauver si Narcissus, sans même consulter Claude, n'avait donné aux soldats l'ordre de la tuer. Le prince, en effet, revenu de sa terreur, après un interminable dîner au cours duquel il avait beaucoup bu, avait fini par déclarer qu'il entendrait le lendemain la "malheureuse Augusta" pour qu'elle présente sa défense...
Les soldats se rendirent donc aux jardins d'Asiaticus. Ils y trouvèrent Messalina, en compagnie de sa mère qui l'engageait à ne pas attendre les exécuteurs, car elle savait bien qu'il ne restait aucun espoir. Une ou deux fois, Messalina essaya d'enfoncer un poignard dans sa gorge. Mais sa main tremblait, et ce fut le tribun du prétoire qui dut lui porter le coup fatal. La tentative de révolution avait échoué.
Mémoires d'Aggripine, Pierre Grimal

I Claudius, 1976

25.11.12

BAAM !

Railway, 2012
Boy

One Day, 2012
Asaf Avidan

Hatchet, 2012
Archive

Medusa, 2012
Malika Ayane

21.7.12

Under Cover

Norman Palm - Boys don't Cry

Jeff Buckley - Just like a Woman

Norman Palm - Girls just wanna Have Fun

The DOORS - L.A. Woman

11.7.12

Ashes to ashes, and dust to dust !

ROSENCRANTZ
What have you done with the corpse, my lord?

HAMLET
I’ve gotten it dirty—ashes to ashes, and dust to dust.

ROSENCRANTZ
But tell us where it is, so we can take it to the chapel.

HAMLET
Don’t believe it.

ROSENCRANTZ
Believe what?

HAMLET
That I’d take your advice rather than keep my own secret. Besides, you’re a sponge! What is the son of a king supposed to say to a sponge?

ROSENCRANTZ
You think I’m a sponge, my lord?

HAMLET
Yes, sir, a sponge that soaks up the king’s approval, his rewards, and his decisions. Officers like that give the king the best service in the end. He keeps them in his mouth like an ape. First he moves them around, then he swallows them. When he needs what you have found out, he can just squeeze you like a sponge and you’ll be dry again.

ROSENCRANTZ
I don’t follow, my lord.

HAMLET
I’m glad about that. Sly words are never understood by fools.

ROSENCRANTZ
My lord, you have to tell us where the body is, and then go with us to see the king.

HAMLET
The body’s with the king, but the king’s not with the body. The king’s a thing …

GUILDENSTERN
A “thing,” my lord?

HAMLET
A thing of no importance. Take me to him. Ready or not, here I come!

Exeunt
William Shakespear, HAMLET (Act 4 - Scene 2)


Ben Harper, Ashes

Kansas, Dust in the Wind

The Do, Dust it off

Eruption du Mont Etna - 13 avril 2012

"Le tribut que la tendresse décerne à la cendre des autres, nous est garant de celui que les personnes que nous chérissons et qui nous chérissent, rendront à la nôtre ; et comme nous nous sommes flattés que, si nous venions à les perdre, nous ne les oublierions jamais, nous les accuserions volontiers d'ingratitude s'il nous venait en pensée qu'un jour nous en serions oubliés."
Essai sur les règnes de Claude et Néron, Denis Diderot.

Jean Simon BERTHELEMY, dessin du XVIIIe siècle.
La nourrice de Néron versant les cendres de ce prince dans le tombeau de ses ancêtres.
Besançon, musée des beaux-arts et d'archéologie.

21.6.12

1 9 9 6

Alanis Morissette - Ironic


FFF - Le Pire et le Meilleur

Metallica - Until it sleeps

The Smashing Pumpkins - 1979

The Fugees - Killing me softly with his song


Jamiroquaï - Virtual Insanity

Cake - Frank Sinatra

The Cranberries - Salvation

No Doubt - Spiderwebs

Rage Against The Machine - Bulls on Parade

Noir Désir - A ton Etoile


Nada Surf - Popular

23.5.12

Berlin

Stay - Faraway so close 
(soundtrack of the Wim Wenders film "Faraway so close")
U2 - 1983

Der Himmel über Berlin
Wim Wenders - 1987


Der Himmel über Berlin
Wim Wenders - 1987

Berlin
Lou Reed - 1972

Take my breath away
(soundtrack from the Tony Scott film "Top Gun")
Berlin - 1986

Berlin Sunrise
Fink - 2011

23.4.12

Résistance

Damien Saez
Fils de France, 2002.

Béruriers Noirs
Porcherie, 1987.

NTM
Le monde de demain, 1990.

Volo
Allons Enfants, 2002.

Jean Ferrat
Nuit et Brouillard.

Renaud
Hexagone, 1975.

Noir Désir
Un jour en France, 1996.

Zebda
Le Bruit et l'odeur, 1993.

Muse
Resistance, 2009.

11.4.12

Fragile

Erwin Olaf
Grief, Troy Portrait, 2007




Vasco Rossi
Anima Fragile, 2010


"Le beau paraît vrai par la force de la beauté, et le faible faux à cause de la fragilité." 
The beautiful seems right by force of beauty, and the feeble wrong because of weakness.
Aurora Leigh, Elizabeth Barrett-Browning.


"La beauté du monde, qui est si fragile, a deux arêtes, l'une de rire, l'autre d'angoisse, coupant le cœur en deux." 
The beauty of the world, which is so soon to perish, has two edges, one of laughter, one of anguish, cutting the heart asunder.
Journal d'un écrivain, Virginia Woolf.

24.2.12

L'enlèvement de Proserpine par Pluton

Archive
Again, 2002.

Semper eadem

D'où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrange,
Montant comme la mer sur le roc noir et nu ?"
— Quand notre coeur a fait une fois sa vendange
Vivre est un mal. C'est un secret de tous connu,

Une douleur très simple et non mystérieuse
Et, comme votre joie, éclatante pour tous.
Cessez donc de chercher, ô belle curieuse!
Et, bien que votre voix soit douce, taisez-vous!

Taisez-vous, ignorante ! âme toujours ravie !
Bouche au rire enfantin ! Plus encor que la Vie,
La Mort nous tient souvent par des liens subtils.

Laissez, laissez mon coeur s'enivrer d'un mensonge,
Plonger dans vos beaux yeux comme dans un beau songe

Et sommeiller longtemps à l'ombre de vos cils !

- Charles Baudelaire (1821-1867)
Les fleurs du mal, 1857.



L'enfer c'est d'aimer sans se rapprocher. L'enfer c'est d'aimer avec des reproches. Plus la faille nous empoigne, plus mon ombre, non loin s'en faut, plane sur moi, sur toi, sur nous.
Le sol gelé se déchire comme un tissu léger. Sous les pavés des bonnes intentions s'écroulent une partie du monde. Voilà le toit de l'enfer qui s'ouvre et s'offre comme nouveau royaume sombre et secret. La parade nuptiale, au rythme d'un carnaval se prend dans l'étau entre l'horreur et le rêve. La descente dévoile un volcan d'immondices, comme un charnier brûlant.
Les rêves se prennent au piège des émotions nauséeuses avec fureur. Dans une danse folle, une ronde violente et décadente, la tempête passionnelle s'attelle à la peur tremblante.


PLUTON :
Auriez-vous, ma Reine, la délicate attention de bien vouloir m'émouvoir en me laissant vous étourdir par cette danse ?


Autour de l'écho assourdissant, balancé, aspiré dans un dernier élan, le soleil fuit derrière le souffle de l'Etna. Les paniques terroristes emportent tout et l'image se resserre derrière ce passage, semble-t-il, à jamais refermé. Du moins jusqu'à la prochaine explosion.
Dans cette main tendue, à travers le sol, un murmure au coin de l'équinoxe.


PROSERPINE : 
Mes larmes, tombant à terre, sont les seuls à jamais capables d'entamer ce vieux rocher... De marbre, je me terre puisque je voudrais ne jamais le quitter. Oh Jupiter, mon père, que mes larmes ne me lave plus de mon triste sort. Je voudrais rester dans ses bras, contrôler avec lui ce royaume.
Quelle amère vision qui tempère mes souvenirs de ce ciel clair. Me voilà flouée à une triste nouvelle, celle de l'été où les coquelicots de la colline me faisait rêver. Ici, je n'ai plus besoin de rêver. Ici ne s'émeut plus mon imagination. Ci-gît ma folle et grande passion. Qu'irais-je faire, dressée à flanc de colline, face au vent lissant mes cheveux ? Comment apprécierais-je, loin de ma fournaise, le retour sur mon île, ma chère Sicile, puisqu'aujourd'hui, plus que toujours, je l'ai épousé, j'y vis en son cœur. Je ne ressens plus rien si je ressors de l'ardeur et des flammes de mon épousé. Lui qui m'a enlevé au rêve pour m'offrir l'empire de son amour.
Alors je pleurerai pour appeler de mes larmes le Styx! Alors, je voguerai jusqu'à lui.


En plongeant ses yeux au creux de l'Etna, Proserpine laissait son amour le temps d'un hiver amer pour son cœur. Il en avait été décidé ainsi car au dessus, c'est l'été et elle devait retrouver sa mère sur terre.

PROSERPINE :
Que peut bien pouvoir valoir l'été s'il est obligé de nous séparer ? Combien l'air peut me paraître des plus frais s'il me gèle par l'absence de tes caresses ? Par le plus sain des virus, j'angoisse  !



PLUTON :
Cachez votre émotion ma Reine, ma très chère Reine. Rappelez vous de ne pas louer tant et si près des Dieux votre tendre félicité en Amour. Plût aux Dieux de priver Niobé, par son orgueilleuse fécondité, de ce qu'elle avait de plus précieux. A louer son bonheur, elle en fit rougir les Dieux et mourir ses enfants.
J'irai contre votre sein, par la nuit, en son clair de Lune, presser le lait de notre amour. Je presserai le temps de faire venir l'hiver. Je caresserai de lave ce paysage radieux où ceux qui ignorent ne font que croire. J'exploserai comme un feu d'artifice, dussé-je vous brûler par ma passion. Je vous aime et j'imprime en Enfer toutes les raisons que j'ai de vous enlever.










Gian Lorenzo Bernini (1598-1680)
Le Rapt de Proserpine (Détail), 1662
Rome, Villa Borghèse.
Nicolò dell'Abate (1509 ou 1512-1571)
L'Enlèvement de Proserpine - vers 1560
Huile sur toile - 215 x 196 cm
Paris, Musée du Louvre.





Albrecht Dürer (1471-1528)
L'Enlèvement de Proserpine, 1516.



Nicolas Mignard (1606-1668)
L’Enlèvement de Proserpine, 1651
Huile sur toile - 116 x 141 cm
Milan, Galleria Silvano & Lodi.











François Boucher (1703-1770)
L'Enlèvement de Proserpine
Quimper, Musée des Beaux Arts.
Rembrant Harmenszoon van Rijn (1606-1669)
L’Enlèvement de Proserpine, 1631
Huile sur panneau de chêne - 84,4 x 79,7 cm
Berlin, Gemäldegalerie.

Rembrant Harmenszoon van Rijn (1606-1669)
L’Enlèvement de Proserpine (Détail), 1631
Huile sur panneau de chêne - 84,4 x 79,7 cm
Berlin, Gemäldegalerie.

Sed non satiata

Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Oeuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits,

Je préfère au constance, à l'opium, au nuits,
L'élixir de ta bouche où l'amour se pavane ;
Quand vers toi mes désirs partent en caravane,
Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.

Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,
Ô démon sans pitié! verse-moi moins de flamme ;
Je ne suis pas le Styx pour t'embrasser neuf fois,

Hélas! et je ne puis, Mégère libertine,
Pour briser ton courage et te mettre aux abois,
Dans l'enfer de ton lit devenir Proserpine!

- Charles Baudelaire (1821-1867)
Les fleurs du mal, 1857.

Emrico Caruso
Siciliana, 1912.